«L’âme ne s’oppose plus aux machines»

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Depuis que nous «habitons» moins le monde, nous avons réinvesti notre corps. Dans les Ecumes, je développe cette intuition qui parcourt les travaux de Michel Foucault, notamment la Volonté de savoir, le troisième tome de son Histoire de la sexualité. Lorsque le cosmos (la suprasphère métaphysique) qui organise le séjour des hommes sur la Terre a cessé d’apparaître sous les traits d’une immense bulle de savon, lorsque les hommes ont eu le sentiment que ce cosmos n’avait plus rien à leur dire, bref, quand ils se sont persuadés que l’univers n’est qu’un silence infini d’espaces désolés, ils n’ont plus vraiment eu d’yeux pour lui. Ils ont commencé à regarder en eux-mêmes. Alors, ils ont découvert en eux mêmes une étrangeté, d’autant plus inquiétante qu’elle reste pour toujours leur – en l’occurrence, c’est une propriété qui a pour nom le système immunitaire..(…)…Grâce à l’hyperanxiété frivole du dispositif médiatique, il n’est plus possible de penser le moindre problème sans affolement. On réussit un sujet quand on fait monter l’adrénaline collective. Face à des technologies du vivant diabolisées, à une biurgie satanisée, un vieux rêve gnostique reprend du service, celui d’une recréation de l’homme par sa propre toute-puissance, et les médias, sous couvert d’en souligner les dangers, sont les premiers à s’en délecter.

Dans le fascisme d’amusement qui caractérise notre modernité tardive, le clonage des cellules souches et les attentats kamikazes relèvent tous les deux de la catégorie du «gothic» . Le «gothic» imprègne jusqu’aux étages les plus élevés de notre culture. Même la philosophie, pour peu qu’elle soit critique, est aujourd’hui une Schauerphilosophie – une philosophie d’épouvante. La panique «biotechnophobique» est la forme postmoderne du culte du sublime, une façon pour les hommes de communier autour de ce qui déplaît universellement sans concept. Par la grâce du génie génétique tel qu’il est expliqué dans les médias d’épouvante, nous vivons à l’heure des communautés horrifiées. La rumination des catastrophes possibles est le socialisme esthétique d’un monde désagrégé, l’ultime ciment qui le fait «tenir». L’usage politique du sublime effrayant produit la synthèse sociale.

Peter Sloterdijk

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L’opinion pour nourriture

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Dans Platon, dans Phaidros 248 c, dans le théâtre céleste le démon Phthonos (en latin Invidia, en français, l’envie) est le seul dieu exclu du chœur des dieux. Les chevaux magnifiques, mais trop lourds, peinent à s’approcher de leur mangeoire. Les vieilles âmes des hommes, passant de corps en corps dans des cycles de vie infinie, estropiées à la longue, leurs ailes froissées, leurs plumes brisées, faute d’avoir été initiées à la contemplation, ont l’opinion pour nourriture. « Inutile d’avoir pour elles un regard ! s’écrie alors Platon avec une force soudaine. Il faut fuir les âmes (psychè) qui ont une opinion (doxa) de la même façon qu’on s’éloigne quand on voit venir des hommes éméchés ! » P. Quignard.

Insoluble

 

“It is difficult for people of the present age not only to understand the cause of their miserable condition, but even to grasp the fact that their condition is miserable. This is chiefly due to the principal calamity of the age which is called progress and which manifests itself in a feverish anxiety, hurry, strenuous labour directed towards the production of useless, nay, manifestly harmful, things, in maintaining a state of constant intoxication by following up ever new senseless occupations which absorb their whole time, and, above all, in a boundless conceit. Life is buzzing with the Zeppelins, submarines, dreadnoughts, sky-scrapers fifty stories high, parliaments, theatres, wireless telegraphs, congresses, armies millions strong, navies, professors of all sorts of schools, milliards of books, newspapers, discussions, speeches and investigations. In this fit of restlessness, hurry, anxiety, in this strenuous labour invariably directed towards the production of unnecessary or plainly harmful things, people are so delighted towards the production of unnecessary or plainly harmful things, people are so delighted with themselves that they not only do not see, do not wish to see, and in fact cannot see their own insanity, but are proud of it, expect great things from it, and in anticipation of these great blessings subject themselves to ever greater and greater intoxication by means of all sorts of new senseless occupations with the sole object of dulling their conscience in order to take life easily. People are sinking deeper and deeper into hopeless and insoluble economic, political, scientific, æsthetical, and ethical contradictions. ” Leo Tolstoy.

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Tripalium

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“The most merciful thing in the world, I think, is the inability of the human mind to correlate all its contents. We live on a placid island of ignorance in the midst of black seas of infinity, and it was not meant that we should voyage far. The sciences, each straining in its own direction, have hitherto harmed us little; but some day the piecing together of dissociated knowledge will open up such terrifying vistas of reality, and of our frightful position therein, that we shall either go mad from the revelation or flee from the light into the peace and safety of a new dark age.” Lovecraft.

Crab Nebula

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” We run heedlessly into the abyss after putting something in front of us to stop us seeing it “.  Blaise Pascal- Pensées.

Original :

“166-183 Nous courons sans souci dans le précipice après que nous avons mis quelque
chose devant nous pour nous empêcher de le voir “. Blaise Pascal- Pensées.

L’orgia social

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L’orgia social acclude al proprio imporsi la ritualità funebre: si commenta ogni scomparsa, massivamente, per qualche ora. Questa emulazione fallimentare e fallita di ciò che un tempo fu cerimonia e costume sociale, per quanto mi riguarda, non è interessante, sebbene sia significativa, poiché delinea il ritratto ultimo di una generazione che fu educata all’immaginario, prima della scomparsa del dispositivo stesso dell’immaginario. Tuttavia ci sono momenti in cui l’orfano dell’immaginario piange davvero, in 3D, e uno di questi istanti è la scomparsa di Paolo Villaggio e delle sue maschere mortali, da Fracchia a Fantozzi: scompare infatti un artista geniale, uno scrittore che, come previsto da Pier Paolo Pasolini, il quale si sa che previde e predisse tutto, enunciò il principio secondo cui i grandi e ultimi innovatori della lingua italiana sarebbero risultati Paolo Villaggio con la serie “Fantozzi” e Aldo Moro. Ero piccino, quando impazzivo davanti a uno schermo in bianco e nero, mentre si lanciava improvvidamente dalle scale di “Studio Uno”, o di una trasmissione consimile, il corpo goffo e tedesco del Professor Kranz, il germe di tutta la contaminazione che Paolo Villaggio avrebbe in effetti imposto alla lingua e alla nazione italiana. L’iperbole linguistica (“… pazzesco…”) e quella morale (Villaggio è l’erede in tempo reale della maschera di Alberto Sordi, utilizzato per fustigare o semplicemente enfatizzare i vizi italiani, con la differenza che Villaggio era un cantautore e Sordi un cantante di testi altrui) hanno impattato sulla mia vita in modo definitivo, poiché definitivo sembrava quel tempo, ritratto da Villaggio con un nitore tragicomico che non ha pari nell’epoca della mia e della nostra formazione, quando il mondo progrediva con lentezza e tragica e comica, e in qualche modo pareva immortale, solido, nella sua stolidità, nella sua crudeltà, nella pietà che abbacinava lo sguardo lanciato su quel mondo stesso. Villaggio è il genio nazionale dell’ultima epoca prima che l’accelerazione tecnologica muti la sostanza stessa del tempo, rivelando che la storia vissuta da noi altro non era se non la premessa maggiore all’accelerazione medesima. Paolo Villaggio, in questo senso, sta in un pantheon artistico al quale hanno accesso Pier Paolo Pasolini e Carmelo Bene. Eravamo così, guardateci: noi eravamo le scimmiette, riassunti in Mariangela, la figlia primatesca della coppia formata dal Ragionier Ugo e dalla Pina. Non si trattava di semplice verve satirica o di ingaggio sociologico spensierato: c’è una metafisica del clown. Paolo Villaggio portò a compimento una simile metafisica. A lui e alla sua opera va la mia gratitudine, il mio amore, la mia disperazione.

Exodus 2017

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70 שנים אחרי יולי שבו גורשה האנית המעפילים “אקסודוס יציאת ארופה 1947”, ועליה המון ניצולים, נשלחת חזרה לגרמניה, מתרחשת שיבת ארופה 2017.
נדמה לי שטרם נקלטו פה מימדי המנוסה ממדינת יהודה. מבוגרים ובעיקר ישראלים צעירים,משכילים יצירתיים, מזרחיים ומערביים, נסים ממדינה שבה שרת האנטי תרבות היא רגב והאנטי משפטים היא שקד, ובנט על האנטי החינוך וראש הממשלה שולח ידו בלי מעצור. ממשלת קלפטוקרטיה ששמה קץ למדינת ישראל החילונית ונעה במהירות עצומה אל התאוקרטיה החרדית לאומנית, ממלכת יהודה.
מששת חבריו הטובים של בני, 3 כבר עזבו. בני כל העדות. כשתתעוררו, יהיה מאוחר מדי. בני- ברק ענקית מרוששת מכל.

Claquer la porte derrière soi

« C’est toujours le dialogue avec mon frère qui n’existe pas, le dialogue avec ma mère qui n’existe pas, c’est le dialogue avec mon père qui n’existe pas non plus, et le dialogue avec le passé qui n’existe pas, qui n’existe plus, qui n’a jamais existé, c’est le dialogue avec les grandes phrases qui n’existent pas, c’est la conversation avec la nature qui n’existe pas, le contact avec des concepts qui ne sont pas des concepts, qui ne peuvent pas être des concepts, le contact avec l’absence du concept, l’insoumission du concept, le contact avec un matériau toujours incomplet, le dialogue avec une matière qui ne répond pas, c’est le silence absolu qui ruine tout, le désespoir absolu dont on ne peut plus sortir, c’est le vis-à-vis imaginaire que l’on s’est construit pour ne plus avoir qu’à se l’imaginer, c’est la tentative de toucher du doigt des objets qui se dissolvent au moment même où l’on croit les avoir saisi, c’est le contact avec des faits qui se révèlent être des erreurs, c’est la tentative de surmonter un temps qui n’a jamais existé, c’est toujours la même imagination en direction d’une représentation qui ne peut par nature que se révéler fausse, c’est l’identification avec des choses sorties des phrases sans que l’on sache quoi que ce soit ni des choses ni des phrases, sans que encore et toujours, on ne sache rien du tout. C’est ça le quotidien avec lequel il faut prendre ses distances, c’est de tout ça qu’il faudrait sortir, pas fermer mais la claquer la porte derrière soi et partir. Le problème est d’en finir avec notre travail, dans la pensée de ne jamais en finir avec rien… c’est la question plus loin, toujours plus loin, sans la moindre pitié, ou bien cesser, en terminer… c’est la question du doute, de la méfiance, et de l’impatience ».